ARTICLES


Les Milongas

Un bal sensuel
La Milonga c’est le lieu, le bal où l’on danse le Tango. Danse qui  se regarde ou se danse bien plus qu’elle ne se décrit. Introduite vers 1880 à Buenos Aires, et qui connut depuis beaucoup de hauts et bas, périodes dorées et d’abandon. Ces 15 dernières années on note un engouement fort, qui amène par exemple beaucoup de jeunes à s’initier et partager cette passion.
On estime, à Buenos Aires, à 10 000 le nombre de danseurs qui s’adonne à cet art très sensuel dans les 300 à 400 Milongas hebdomadaires. Les bustes proches, bien droits avec les visages qui se frôlent… Avec des visages graves durant la ronde, les femmes, souvent « abandonnées » à leur partenaire, dansent les yeux fermés, avant que tous deux ne se sourient instantanément dès la fin du bal et retrouvent l’inimitable gaité caractéristique des porteños.
On danse également le Tango dans  d’autres villes d’Argentine, mais dans un nombre d’endroits réduit, avec une fréquence et une assiduité moindres.
Le Tango : une véritable expression combinant sensations fortes, passion et élégance !

Tous les jours, partout dans la ville…
A Buenos Aires, les milongueros  vont danser plusieurs  soirs par semaine,  dans plusieurs endroits différents, même si chacun a toujours « son » endroit de prédilection.
Certaines Milongas sont très  raffinées, d’autres décontractées, la majorité intermédiaires. Beaucoup proposent des cours collectifs qui précédent la Milonga.
Certaines réunissent surtout des mayores , qui dansent depuis 40 ans…D’autres attirent un public plus jeune ou mixte.
Certaines nécessitent une tenue très soignée, élégante, quand d’autres permettent une tenue plus relâchée.

La nuit, royaume du Tango
Les soirées de Tango commencent en général vers 23h -sauf Milonga à l’air libre et quelques lieux ou l’on peut danser en après-midi et début de soirée- et durent jusqu'à tard dans la nuit voir au petit matin. Ne pas arriver trop en avance, au risque de devoir attendre que l’ambiance se fasse. Mais à temps, afin de trouver une table ou s’installer, et être plus à son aise pour danser. La piste se remplit en général très vite à mesure que la soirée avance.

Cours, orchestres en vivo et démonstrations
Parfois, certaines Milongas proposent des concerts en vivo, ou vous pourrez admirer de près la dextérité et l’engagement des bandonéonistes, l’instrument roi du Tango. Et, presque toujours, une démonstration de danse d’un couple étoile.  A ce moment le cercle s’élargit, et laisse place à trois ou quatre morceaux superbement dansés par un couple sortant sous les vivas du public !

Les différents rythmes
De prime abord, un non initié peut penser que toutes les musiques et danses sont plus ou moins identiques, en fait les danses répondent à plusieurs genres. Le Tango -proprement dit- avec son rythme cadencé et dramatique, la Milonga, plus rapide et joueuse, le Vals, aéré et romantique.
Dans certains lieux on peut écouter et danser sur ce qui est appelé Tango nuevo, une évolution plus contemporaine née de la fusion de la musique composé par Astor Piazzolla, du jazz. Caractérisé par un abrazo plus ouvert, une technique assez sportive demandant des habiletés physiques.

La Mecque du Tango
Toute l’année, les Milongas se peuplent d’étrangers venus rencontrer à Buenos Aires LA Mecque du Tango… De la naissent beaucoup de rencontres avec le public local, et parfois des couples, éphémères le plus souvent…
La seconde quinzaine d’aout voit se dérouler à Buenos Aires les championnats du Monde de Tango. Nombreux sont les étrangers –sud-américains, européens, asiatiques- venant y assister ou carrément y participer ! Ces dernières années, l’épreuve majeure, le Tango Salon, fut remportée par des Colombiens puis par un couple japonais, symbole de l’internationalisation du genre !

 

Les codes de la Milonga

Il existe des codes, règles et signes complexes à respecter lorsqu’on passe la porte de ces lieux, souvent considérés comme des antres sacrées. Certains danseurs les respectent à la lettre, d’autres n’y prêtent qu’une attention relative, la Milonga ou l’on se rend conditionne en partie l’attitude à adopter. On est alors évidemment dans le tacite. Les Milongas les plus traditionnelles tendent à faire respecter les traditions, agissant  un peu comme des gardiens du temple.

Les codes sur la piste

  • On danse, en cercle, dans le sens inverse des aiguilles d’une montre.
  • L’homme, qui guide la danse, doit attendre, avant de se lancer avec sa partenaire, que le couple qui précède ait avancé.
  • La piste se partage en plusieurs cercles, du plus grand en bord de piste au plus petit au milieu selon le savoir-faire des danseurs.

Il n’est pas rare de voir un danseur non obéissant subir une discrète pression l’invitant à rentrer dans le rang ou à quitter la piste : un coup de coude par-ci, un début de bousculade par-là…
Les codes sont cependant indispensables pour permettre au grand nombre de danser tranquillement, sans être poussés, se faire écraser les pieds, etc.

Les codes hors -piste

  • L’homme invite toujours la femme à danser. Pour cela il a recours à la technique du hochement de tête, le cabezazo,  qui signifie « Voulez-vous danser ? ».

La femme a dans ce cas deux possibilités :

    • Elle souhaite danser avec cet homme: elle lui répond alors par un autre hochement de tête, se lève et se dirige vers la piste. Il est important qu’elle ne se dirige pas directement vers l’homme car c’est à lui de s’approcher d’elle.
    • Elle ne veut pas danser avec cet homme : dans ce cas, elle a juste à l’ignorer en faisant comme si elle ne l’avait pas vu, en continuant à promener son regard dans la salle. De cette façon, l’homme ne subit pas l’humiliation publique d’avoir été rejeté.
  • Il arrive cependant qu’un homme s’approche de la danseuse et l’invite oralement à danser, le cas, par exemple, quand ces danseurs se connaissent déjà de « vue » et ont déjà eu l’occasion de danser dans le passé. Acceptation ou refus, alors motivé par un « No por ahora !» (Pas pour l’instant !)ou un « Ya bailé mucho ! » (J’ai beaucoup dansé !)alorsclairset toujours sauveurs  d’apparences…

 

  • Ne pas parler pendant la danse. Ni encore fredonner… En général on danse, avec le même partenaire, une tanda - série de trois ou quatre tangos- d’un même orchestre ou même style. A minima deux, bien que certains hommes invitent parfois une partenaire à danser l’avant-dernière ou dernière danse d’une tanda pour pouvoir tester son niveau et entamer la tanda suivante si affinités tangueras ! Entre deux tangos, prend place un moment de conversation -voir de tentative de séduction dans certains cas- même si en général les gens disent aller dans les Milongas avant tout pour danser et non flirter. ..
  • A la fin de la tanda -marquée par une courte pause avec un type de musique différent…ou il n’est pas rare d’entendre  un air français !- l’homme raccompagne la femme à sa table.

 

  • Si une femme est assise à une table avec un homme, personne ne l’invitera … à  moins que l’homme ne danse avec d’autres femmes et qu’il soit évident que le couple n’en est pas vraiment un…
  • Certains diront que la femme joue parfois son rôle dans l’invitation à danser: si elle souhaite danser avec un homme en particulier, elle peut en effet le regarder avec insistance jusqu’à ce qu’il comprenne qu’elle veuille se faire inviter.

 

Il s’agit ici des principaux codes existants pour que chacun puisse trouver sa place dans une Milonga, cependant, s’agissant comme tout art en mouvement, les codes changent, évoluent…

Serge, le 02-08-2011

 

 

www.psicotango.com.ar // Te (54-011) 4867-5793 // 4896-4571 // Bs.As. - Argentina